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MES SOUVENIRS
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pages d’orchestre de la partition manuscrite complètement terminée.

Le second mois de mon séjour à Monte-Carlo, je le passai au palais de Monaco. C’est là que j’achevai cette composition, dans ce milieu enchanteur, dans la haute poésie de cette splendeur.

Lorsque, deux ans plus tard, aux répétitions de Roma, j’assistai à l’audition de cette ouverture, lue par les artistes de l’orchestre et dirigée par le maître Léon Jehin avec un art extraordinaire, je pensai à cette coïncidence qui faisait que ces pages, écrites dans le pays, l’avaient été tout proche du théâtre où elles étaient jouées.

En rentrant à Paris, en avril, après les fêtes somptueuses par lesquelles avait été inauguré le Palais océanographique, et que je vous ai racontées, je reçus la visite de Raoul Gunsbourg. Il venait, au nom de Son Altesse Sérénissime, s’informer si j’avais un ouvrage à lui contier pour 1912. Roma était terminée depuis longtemps, le matériel en était prêt, et, par conséquent, je pouvais le lui promettre et attendre deux années encore. Je le lui proposai.

Mon habitude, je l’ai déjà dit, est de ne jamais parler d’un ouvrage que lorsqu’il est complètement achevé, que son matériel, toujours important, est gravé et corrigé. C’est là une besogne considérable dont j’ai à remercier mes chers éditeurs, Henri Heugel et Paul-Émile Chevalier, ainsi que mes scrupuleux correcteurs, en tête desquels j’aime à placer Ed. Laurens, un maître musicien. Si j’insiste sur ce point, c’estquerienn’apu empêcher, jusqu’ici, la persistance de cette formule : « M. Massenet se hâte d’achever sa