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CENTENAIRE D’HECTOR BERLIOZ

INAUGURATION DU MONUMENT ÉLEVÉ À MONTE-CARLO


7 mars 1903.



Discours de Massenet, membre de l’Institut.


Messieurs,

C’est le propre du génie d’être de tous les pays.

À ce titre Berlioz est partout chez lui ; il est le citoyen de l’entière humanité.

Et pourtant il passa dans la vie sans joie et sans enchantement. On peut dire que sa gloire présente est faite de ses douleurs passées. Incompris, il ne connut guère que les amertumes. On ne vit pas la flamme de cette énergique figure d’artiste, on ne fut pas ébloui de l’auréole qui le couronnait déjà.

N’est-ce donc pas une merveille singulière de voir cet homme, qui avait de son vivant l’apparence d’un vaincu, créature malheureuse et tourmentée, chercheur d’un idéal qui toujours semblait se dérober, pionnier