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MES SOUVENIRS

ment admirable, lorsque nous avons été dans le « Bosco », Mon Bois sacré, à moi ! Le soleil couchant éclairait les murs antiques de l’antique Rome. La fête s’est terminée dans l’atelier de Falguière, éclairé a giorno, par nos soins. Les danses ont pris là un caractère entraînant, tellement enivrant que, tous, nous avons fini par faire vis-à-vis aux Transtévérines, lors du saltarello final… On a fumé, mangé, bu ; — les femmes, surtout, estimaient fort notre punch ! »

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Une des phases les plus grandes et les plus palpitantes de ma vie se préparait.

Nous étions à la veille de Noël. Une promenade fut organisée pour suivre, dans les églises, les messes de minuit. Les cérémonies qui se célébrèrent de nuit à Sainte-Marie-Majeure et à Saint-Jean de Latran furent celles qui me frappèrent le plus.

Des bergers, avec leurs troupeaux ; vaches, chèvres, moutons et porcs, étaient sur la place publique comme pour recevoir les bénédictions du Sauveur, de celui dont on rappelait la naissance dans une crèche.

La touchante simplicité de ces croyances m’avait vraiment ému et j’entrai dans Sainte-Marie-Majeure, accompagné d’une adorable chèvre que j’embrassai et qui ne voulut pas me quitter. La chose n’étonna nullement la foule recueillie qui s’entassait dans cette église, hommes et femmes, tous à genoux sur ces beaux pavés en mosaïque, entre cette double rangée de colonnes provenant de temples antiques.

Le lendemain, jour à marquer d’une croix, je croisai dans l’escalier aux trois cents marches qui mène