Page:Maupassant - Malades et médecins, paru dans Le Gaulois, 11 mai 1884.djvu/14

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les plus sages, les mieux trempés.

Deux autres encore disparurent dans l’année, l’un d’une dysenterie et l’autre d’un étouffement. M. D… s’amusa beaucoup de la mort du premier : « La dysenterie est le mal des imprudents ! Que diable ! Vous auriez dû, Docteur, veiller sur son régime. »

Quant à celui qu’un étouffement avait emporté, cela ne pouvait provenir que d’une maladie du cœur, mal observée jusque-là.

Mais, un soir, le médecin annonça le trépas de Paul Timonet, une sorte de momie dont on espérait bien faire un centenaire-réclame pour la station.

Quand M. D… demanda, selon sa coutume :

— De quoi est-il mort ?

Le médecin répondit :

— Ma foi, je n’en sais rien.

— Comment, vous n’en savez rien ? — On sait toujours. — N’avait-il pas quel-