Page:Maurice Goudard - La défense du libéralisme.pdf/275

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la jeunesse, mais l’instruction gratuite et obligatoire exige de telles dépenses que, seul, l’État peut les assumer.

Néanmoins, il est nécessaire d’encourager, à côté, l’Enseignement libre, pour entretenir constamment une émulation féconde.

Le régime libéral, sous lequel nous avons vécu depuis tant d’années, n’a pas trop mal rempli ses obligations scolaires. Nulle part, l’instruction n’a été plus répandue qu’en France, grâce à un Corps enseignant remarquable, quand il faisait son métier et non de la politique.

La fixation des programmes d’enseignement a une énorme importance, bien que le public ne paraisse s’y intéresser que médiocrement. Peut-être me sera-t-il permis d’émettre une opinion, basée sur mon expérience de la vie et sur les lacunes que j’ai pu constater chez moi-même. Je dis tout de suite que je n’ai qu’à me féliciter de l’instruction que j’ai reçue, aussi bien primaire que secondaire et supérieure. Mais, avec un peu de recul, je puis regretter que la place réservée à l’enseignement du français soit aussi restreinte. Alors que la transmission de la pensée a réalisé des améliorations inouïes quant à sa rapidité, l’expression de la pensée humaine n’a pas fait beaucoup de progrès depuis Démosthène et Cicéron ; on en est resté à traduire les idées par des mots. Encore faut-il que ces mots soient bien choisis et représentent exactement la pensée de leur auteur. De la précision, de la clarté, de la concision d’un texte dépend la compréhension exacte de l’auditeur ou du lecteur. Que de lois