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chasses et voyages au congo

« Grand Français » et faire du charbon ou du mazoute, selon l’âge du bateau.

Le programme de notre expédition prévoit en effet l’itinéraire suivant : Dar-Es-Salam, le lac Tanganyka, le Ruanda, le Kiwu, les réserves de chasse du lac Edouard, les provinces de l’Ituri et du Haut-Uelé, en un mot toute la zone frontière orientale du Congo-Belge, puis le retour par Redjaf et le Soudan anglo-égyptien, le Nil blanc, Karthoum et Alexandrie. Un beau programme, ma foi, auquel les nécessités du moment, et les imprévus donneront sans doute plus d’un croc-en-jambe.

Quoiqu’ayant visité l’Égypte, il semblait intéressant de compléter ce premier voyage en rejoignant, notre itinéraire d’alors par le Nil blanc, qui, comme on le sait, recueille le Nil bleu à Omdurman, aux portes de Karthoum et de connaître ainsi les deux grandes branches du fleuve depuis leur origine. D’autre part les premiers jeux olympiques africains définitivement fixés au début d’avril 1929 nous attiraient à Alexandrie. Ceux-ci dorénavant doivent s’intercaler entre chaque Olympiade, pour éveiller et développer parmi les populations du continent noir, le goût du sport désintéressé, en consacrant les principes qui régissent les jeux olympiques eux-mêmes, pour lesquels les gens de couleur ne sont pas encore mûrs. Au printemps 1927, j’avais admiré le stade d’Alexandrie, dont la conception exemplaire promettait de nous donner enfin un stade parfait, et qui possédait même la fameuse ligne droite de 400 mètres ; j’étais curieux de le voir, dans toute sa gloire, pavoisé et rempli d’athlètes. Tout cela est loin de nous encore ! Pour le moment, le « Général Duchesne » engloutit du charbon à Port-Saïd en saupoudrant nos vêtements blancs et nos malles d’une vilaine poussière noire qui pénètre par les fentes des cabines dont les portes et les fenêtres sont hermétiquement closes, tandis que sur le pont les prestidigitateurs arabes, nous émerveillent par leur habileté. « Galla » « Galla » ! Ils vous tirent un poussin jaune et bien vivant