Page:Meilhac et Halévy - La Vie parisienne, 1866.djvu/74

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URBAIN.

Chut !


LE BARON, à part.

Je vais donc entendre causer des hommes supérieurs… Nous allons parler littérature, science, hygiène…


PROSPER.

Eh bien, baron, dites-nous un peu ce que vous pensez de Paris ?…


LE BARON.

Mon Dieu, messieurs, il m’a semblé qu’on en exagérait un peu les merveilles… Ainsi, hier, je me suis fait conduire au musée d’artillerie… boulevard Bonne-Nouvelle…


PROSPER et URBAIN.

Boulevard Bonne-Nouvelle…


LE BARON.

Eh bien, je m’en faisais une toute autre idée… J’y ai trouvé beaucoup de batteries de cuisine, mais pas une d’artillerie !


PROSPER, riant.

On vous a mené à la ménagère…


URBAIN, riant.

À la ménagère !… à la ménagère… Voulez-vous y aller, au musée d’artillerie ?…


PROSPER.

Je vous y mènerai, moi !…


URBAIN.

Prince, voilà une chose que je ne tolérerai pas…


PROSPER.

Et quoi donc, général ?…


URBAIN.

J’offre au baron de le conduire au musée d’artillerie, et vous venez me le souffler.


PROSPER.

Qu’est-ce que vous dites ?…


URBAIN.

C’est avec moi que monsieur viendra…


PROSPER.

Non pas, c’est avec moi…