Page:Mercure de France, t. 76, n° 274, 16 novembre 1908.djvu/132

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3i8 MERCVRE DE FRANCE— 16-XI-1908 contient un exposé parfait de la situation administrative, financière, politique et économique de l ’Afrique occidentale française. Il critique vivement l’institution auprès du gouvernement général d’ un contrô­ leur permanent « emprunté au cadre des Finances et dispensateur d’un visa préalable ». Il y a là, il faut le reconnaître, un contrôle illu ­ soire : m ais ceci tient plus au fonctionnement en fait du contrôle qu ’à son principe même. M. Hubert loue sans réserve l’organisation administrative et financière de l’Afrique occidentale française. J ’ estime cependant que le décret du 18 octobre 1904, qui a institué le budget général alimenté par les impôts indirects, correspond à une concep­ tion fort discutable, aussi discutable que le principe de l ’Union des diverses colonies de la côle d ’Afrique. On a procédé en Afrique comme en Indo-Chine, en réuuissant en un seul faisceau des organ is- mesdifférents et ayan tdroità une vie propre,autonome. Résultat : la Cochincbine en Extrême-Orient, le Dahomey à la côte d ’Afrique, ont connu, grâce à l ’Union, des déficits qu’ils avaient toujours ignorés lors­ qu ’ils constituaient des colonies indépendantes. Cette centralisation est des plus arbitraires. Dans plusieurs articles fort remarquables parus dans le Temps, M. le lieutenant-colonel Bernard en a fait le procès pour ce qui concerne l ’Indo-Chine. L a discussion pourrait être, de même soulevée pour l’Afriqu e occidentale. Il y a, je sais, l ’ar­ gum ent tiré delà nécessité d ’une personne morale, d ’une uniténéces- saire, au point de vue financier, pour les emprunts à contracter dans la métropole. Mais,surtout pour l’Iado-Chine,quelle est l ’exacte valeur juridiqu e de cette personnalité administrative constituée par l’assem­ blage hétéroclite de pays d ’administration directe, de véritables a pos­ sessions » et de territoires de protectorat ? Le mieux est de ne pas in ­ sister. De même, au point de vue financier et fiscal, que vaut le prin ­ cipe de l ’attribution exclusive au budget général des impôts indirects et aux budgets locaux des impôts directs? La conception exactement contraire eût pu être envisagée, et elle l’a été. Il faut, d ’ailleurs, en matière fiscale,se montrer excessivement modéré dans ses affirmations. C ’est ainsi qu’en Indo-Chine une campagne violente a été menéecon- tre le monopole de l ’alcool. L ’administration locale traita un jo ur en Cochinchine avec un syndicat chinois pour lui accorder un certain nombre de dépôts régionaux contre engagement de la part du syndicat d’assurer la vente d ’une quantité minima d’alcool. Or, certains conseil­ lers locaux indigènes qui avaient fait contre l ’alcool produit par la société Fontaine des déclarations sensationnelles au Conseil colonial de Saïgon, lorsqu’ils eurent vent des pourparlers entamés avec les Chinois, demandèrent qu ’ une part du contingent promis au syndicat chinois leur fût réservée. Il faut se rappeler que cette protestation des conseillers annamites constituait un des plus forts argum ents contre le monopole. Et soudain, les représentants élus des Annam ites