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AIB

narque mourut généralement regretté, et laissa le trône à Montezuma II, sous le règne duquel le Mexique fut découvert et conquis par les Espagnols. B-p.


AIBEK (Azed-Eddyn), 1er sultan d’Égypte, de la dynastie des mameluks baharytes, était Turc d’origine, et usurpa le pouvoir sur les princes de la race de Saladin, qui, s’étant partagé entre eux ses vastes États, se divisèrent ensuite, au lieu de s’unir pour repousser les Tatars qui menaçaient Bagdad, les Kharismiens, qui ravageaient les provinces de l’empire, et les Francs ou Occidentaux que le fanatisme religieux précipitait vers l’Orient. Affaiblis par des guerres intestines et des révolutions continuelles, les descendants de Saladin ne trouvaient plus que des séditieux dans leurs officiers et des traîtres ou des assassins dans leurs proches. Ils formèrent alors, pour leur sureté, une garde étrangère, composé de jeunes esclaves achetés au Mogol, dans le Capatchak. À l’imitation de ses prédécesseurs, Melek-al-Saleh fit venir un grand nombre de ces esclaves, à qui on donna le nom de mameluks, qui signifie possédés ou soumis ; et, comme on les fit élever dam une île du Nil nommée Rodhah, vis-à-vis le vieux Caire, et que les Arabes appellent bakar ou mer les grands fleuves, ils prirent aussi le nom de baharytes, ou de maritimes. instruits dans l’art de la guerre, ils formaient le halcah, ou garde du prince, et, une fois affranchis, ils parvenaient aux premières dignités. Ils devinrent très-puissants en peu de temps. Aibek fut un de ces esclaves du Captchak amenés en Égypte ; son courage l’éleva aux premiers emplois de l’armée, sous le règne de Touran-Schah, qui gouvernait l’Égypte, lorsqu’en 1250 St. Louis débarqua à Damiette. Aibek eut part aux combat sanglants qui signalèrent cette campagne, et où les esclaves baharytes soutinrent souvent le choc de la cavalerie française. St. Louis était prisonnier de Touran-Schah, lorsque les baharytes, mutinés, massacrèrent ce sultan, et reconnurent pour reine d’Égypte la favorite Chadjr-Eddour. Cette révolution éleva Aibek à la dignité d’atabek, ou généralissime des troupes. Les barbares qui avaient assassiné Touran-Schah voulaient qu’on massacrât le roi de France et tous les prisonniers ; mais Aibek, comptant partager avec les esclaves baharytes les 200,000 livres qui devaient être payées dans la ville d’Acre pour la rançon du roi, tira son sabre, et jura qu’il ne souffrirait jamais qu’on violât ainsi la foi des traités. Cette, déclaration termina les différends qui s’étaient élevés dans l’armée égyptienne, et la liberté fut rendue aux Français prisonniers. Trois mois après le meurtre de Touran-Schah, la reine Chadjr-Eddour épousa Aibek, et se démit de la souveraine puissance en sa faveur ; mais les mameluks, envieux, et les peuples, indigné de voir un esclave parvenu au rang suprême, l’en firent descendre, sans toutefois le priver de l’autorité militaire, et reconnurent pour sultan un enfant de la famille de Saladin, nommé Mélik-al-Achraf, dont Aibek devint le tuteur. L’Égypte et la Syrie formaient alors deux empires qui avaient chacun leur sultan particulier ; celui de Damas, voulant profiter des troubles de l’Égypte pour l’envahir, s’avançaiet avec une armée, sous prétexte de venger la meurtre de Touran-Schah ; Aibek marcha à sa rencontre, et fut d’abord vaincu ; mais il remporta ensuite une victoire signalée, et força le sultan de Damas à entrer en arrangement. Ce prince eut tout le pays allant au delà du Jourdain, et Mélik-al-Achraf conserva l’Égypte, sous la tutelle d’Aibek, qui, pour mieux affermir son autorité, fit assassiner Fares-Eddyn, mameluk puissant, son rival et son ennemi. Ne trouvant plus alors d’obstacles, il priva son pupille du trône, et y monta lui-même l’an de l’hégire 652 (1254 de J.-C.). Un nouveau traité avec le sultan de Damas semblait devoir lui assurer un règne tranquille, lorsque Chadjr-Eddour, instruite qu’il projetait d’épouser la fille du roi de Moussoul, le fit assassiner le 23 de reby 1er 655 (10 avril 1257). Aibek avait été surnommé Mélik-el-Moëzz (roi très élevé). Il aimait les sciences, et avait fait construire sur les bords du Nil, dans le vieux Caire, un superbe collège, auquel il donna son nom. Il fut le premier sultan de la race des baharytes ou mameluks d’Égypte, qui se divisèrent ensuite en deux branche ou dynasties : celle des baharytes, et celle des bordjytes, ou circassiens (voy. Barkok), qui succéda, en 1582, à la première, et qui finit à la conquête de l’Égypte par l’empereur Sélim. Les partisans d’Aibek vengèrent sa mort en faisant mourir ceux qui y avaient participé, et en mettant sur le trône Ali son fils, qu’ils surnommèrent Mélik-al-Mansour (roi victorieux). Ce prince, après un règne très-court, fut déposé par le mameluk Kouthouz, quii monta sur le trône l’an 657 de l’hégire. (Voy. Kouthouz.) J-n.


AICARDO (Jean), architecte, né à Cunéo en Piémont, vint à Gènes vers le commencement du 17e siècle, et fut chargé de construire les magasins de grains qui sont près de la porte St-Thomas. Il éleva ensuite différentes habitations sur la place du Banchi, et refit à neuf le chœur de l’église de St-Dominique. On lui doit aussi le plus grand aqueduc qui soit a Gènes, et qui fournit de l’eau à presque toute la ville. Ce bel ouvrage n’était pas encore tout à fait achevé en 1625, lorsque Aicardo mourut ; la république laissa le soin de le terminer à Jacques Aicardo son fils. Celui-ci bâtit ensuite les magasins de sel près de l’église St-Marc. Il agrandit, sur un plan nouveau et plus régulier, le pont des Marchands et le pont Royal, et fit exécuter la belle fontaine que l’on voit auprès de ce dernier pont. Jacques dirigea aussi la construction d’une partie des murs qui s’étendent de la Darse jusqu’à la porte du Môle.Il mourut en 1650. A-d.


AICARTS DE FOSSAT, troubadour du 13e siècle, est connu par une pièce assez curieuse sur, la querelle qui s’était élevée pour la couronne de Naples, à laquelle le pape Innocent IV avait nommé le jeune prince Edmond, fils de Henri III, roi d’Angleterre, au préjudice de Conrad IV, déjà élu roi des Romains. Dans cette pièce, le poëte suppose