Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/481

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Roland le remit en évidence, le replaça en quelque sorte sur le piédestal. Et il n’en est plus descendu.

Les rôles furent divisés et le jour fixé au 29 octobre. Roland devait d’abord attaquer la Commune en général. Puis un ami des Roland, un jeune homme, plein d’élan, de feu, devait attaquer Robespierre et le prendre corps à corps.

Roland, dans un très beau rapport, fit un tableau pathétique et trop vrai de l’anarchie parisienne. Il signalait les abus d’autorité que se permettait la Commune. Tous les désordres inséparables de la situation, il les lui attribuait. L’homme le plus autorisé de la Commune, celui qui avait préconisé le plus haut son adresse menaçante contre la Convention, était Robespierre. Roland ne le nommait pas, mais c’était sur lui d’aplomb que tombait ce violent rapport.

Robespierre voulut parler. Mais l’Assemblée, très émue, s’obstina à ne pas l’entendre.

Alors monta à la tribune un jeune homme de petite taille, délicat et blond, qui déjà pourtant commençait à être chauve, les yeux bleus, la voix douce. Louvet (c’était lui, le célèbre romancier), avec cet extérieur féminin, n’en était pas moins ardent, courageux. Il l’avait prouvé à la section des Lombards, où il se mit en avant et montra beaucoup d’énergie dans les plus terribles jours.

Fils d’un bonnetier, commis de librairie, il avait dû à sa figure de jolie fille, qui favorisait l’équivoque, de faciles succès de libertinage près des femmes à