Page:Michelet - OC, La Montagne, L’Insecte.djvu/263

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


flamme noire, brillant par éclairs, avait tout consumé et seulement réservé l’esprit. Le coup de théâtre fut violent, et cet immense fourmillement eut son effet. Une joie vive, inusitée, agita la main tout émue qui avait fait l’heureuse découverte, et, à mesure que la grandeur s’en révélait, un vertige, j’allais dire sauvage, passa de ce peuple éperdu à l’auteur de la grande ruine. Les murs de la cité volèrent, puis l’intérieur de l’édifice ; des galeries, des salles innombrables, se découvrirent ; généralement, quatre pouces, cinq pouces de longueur, sur un demi-pouce de haut. Hauteur certes bien suffisante, et je dirais majestueuse, si l’on veut avoir égard à la taille des citoyens de ce palais. Vrai palais, ou plutôt vaste et superbe ville. Limitée en largeur. Mais à quelle profondeur plongeait-elle dans la terre ? On dit qu’on en a rencontré qui, creusées avec persévérance, donnaient jusqu’à sept cents étages. Thèbes et Ninive furent peu de chose. Babylone et Babel peuvent seules, dans leurs exhaussements audacieux, soutenir quelque comparaison avec ces Babels ténébreuses qui vont grandissant dans l’abîme. Mais ce qui étonne bien plus que la grandeur, c’est l’aspect intérieur de ces habitations. Au dehors tout humide, couvert de mousse, de petits cryptogames toujours trempés, moisis. Au dedans, une étonnante sécheresse, une propreté admirable toutes les parois moelleusement fermes, exactement comme si elles eussent été tapissées d’un velours de coton, fort mat et sans éclat. Ce velours d’un noir doux résultait-il du bois lui-même puissamment modifié, ou d’un lit