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LES FEMMES DE LA RÉVOLUTION

quences de leurs actes. Qu’y faire pourtant ? Ce n’est pas notre faute, si la nature les a faites, non pas faibles, comme on dit, mais infirmes, périodiquement malades, nature autant que personnes, filles du monde sidéral, donc, par leurs inégalités, écartées de plusieurs fonctions rigides des sociétés politiques. Elles n’y ont pas moins une influence énorme, et le plus souvent fatale jusqu’ici. Il y a paru dans nos révolutions. Ce sont généralement les femmes qui les ont fait avorter ; leurs intrigues les ont minées, et leurs morts (souvent méritées, toujours impolitiques) ont puissamment servi la contre-révolution.

Distinguons une chose toutefois. Si elles sont, par leur tempérament, qui est la passion, dangereuses en politique, elles sont peut-être plus propres que l’homme à l’administration. Leurs habitudes sédentaires et le soin qu’elles mettent en tout, leur goût naturel de satisfaire, de plaire et de contenter, en font d’excellents commis. On s’en aperçoit dès aujourd’hui dans l’administration des postes. La Révolution, qui renouvelait tout, en lançant l’homme dans les carrières actives, eût certainement employé la femme dans les carrières sédentaires. Je vois une femme parmi les employés du Comité de salut public. (Archives, Registres manuscrits des procès-verbaux du Comité, 5 juin 93, p. 79.)