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LA TOUR D’AUVERGNE


VIII


L’armée du Rhin, sous Moreau, venait de passer le fleuve et d’entrer en Bavière. La Tour d’Auvergne, à peine arrivée dans sa chère Quarante-Sixième, en prit avec lui deux cent cinquante grenadiers pour déloger neuf cents Russes d’une forte position. Il attaqua à la baïonnette, et, après une lutte acharnée, emporta le poste et les mit en fuite.

Le 27 juin (1800), le général poussant vivement l’ennemi, sans l’avoir reconnu d’abord, s’aperçut qu’il était retranché sur les hauteurs d’Unterhaüsen. Un corps français fut repoussé avec des pertes cruelles. Un second corps, sous Lecourbe, vint le dégager. La Quarante-Sixième en était, et en tête marchait La Tour d’Auvergne, en silence et sans tirer, sous le feu exterminateur de huit pièces de canon. Au moment où les uhlans viennent au galop fondre sur les nôtres, il croise la baïonnette. Une lance lui perce le cœur…

Ce fut un deuil universel. Il n’y eut guère de