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LES GÉNÉRAUX DE LA RÉPUBLIQUE


IV


Une chose bien remarquable alors, c’est que ce sont surtout les très grands militaires qui semblent les plus pacifiques. Hommes admirables à qui la guerre apprit surtout la haine de la guerre.

Comment s’en étonner, lorsqu’on voit que la vocation de plusieurs de ces grands hommes de guerre ne s’annonça nullement par un juvénile élan militaire, mais par un mouvement de justice et d’indignation contre l’iniquité ?

Celui que les soldats ont appelé le dieu Mars, Kléber, malgré sa force et sa taille colossale, ne se destinait point à la guerre. Il entrait dans une carrière civile, étudiait l’architecture, lorsqu’un jour, à Paris, il voit dans un café deux très jeunes étrangers, inoffensifs et timides, qu’insultait un bretteur, un de ces bravaches qui passent toute leur vie dans l’escrime, font un jeu d’insulter, sauf à tuer pour réparation.

Cette lâche brutalité, cette inhospitalité honteuse