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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION


V


Il y avait des années que Desaix n’avait revu sa famille, sa mère, tout ce qu’il aimait. Mais, dans la situation critique où il vit la France, il n’hésita pas un moment à se sacrifier lui-même et tous les intérêts de son cœur. Sans rien attendre, il passa les Alpes et s’offrit à Bonaparte.

Plus d’un pressentiment sinistre assiégeait son esprit. « Il m’arrivera quelque chose, disait-il aux siens ; il y a longtemps que je ne me bats plus en Europe ; les boulets d’ici ne me connaissent plus. »

En route, il fut retardé par une insolente attaque de brigands piémontais qui lui tuèrent un homme.

On sait la bataille de Marengo et ses étonnantes péripéties.

Mélas avait déjà écrit sa victoire à Vienne. Lui-même se l’ôta des mains, en détachant sur ses derrières un grand corps de cavalerie. Bonaparte, qui de même croyait tenir Mélas, et qui avait détaché