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DESAIX


VI


Je possède un assez médiocre portrait de Desaix, qu’il a laissé faire en Égypte, vraisemblablement pour sa mère, dont il était séparé depuis si longtemps et qu’il ne devait plus revoir. Autrement son excessive modestie n’eût pas permis qu’on donnât cette importance à son image, ni qu’on transmît ses traits à la postérité.

Rien de moins flatteur à l’œil que cette gravure. Le fond, triste et uniforme, est une plaine de la Haute-Égypte, un désert de Thébaïde, tout d’âpres rochers. Plus près, dans une petite oasis de quelques arbres, se voit le camp français, tout le mouvement des travaux militaires, une fourmilière de petites figures noires qui travaillent, apportent les choses nécessaires à la vie. Les femmes, les enfants indigènes vont et viennent parmi les soldats. On sent qu’il y a là une sécurité parfaite, que c’est un lieu de justice et de paix.