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HOCHE

que ces sages armées, les plus sages de la France, ne fussent pourtant corrompues par leur enthousiasme pour ce séduisant jeune homme. Les militaires, Ney, Lefebvre, l’auraient suivi à l’aveugle ; les héros de la République, les Desaix, les Championnet avaient un faible pour lui, ne le distinguant pas de la République elle-même.

Mais si cet attachement des plus grands hommes de guerre semblait le rendre dangereux, il pouvait lui prêter aussi une force utile à la patrie, si, l’heure venue, épargné par le destin, il se fût constitué (comme il est probable) le défenseur de la liberté contre l’ambition militaire. Lui seul, appuyé sur la République et sur ses glorieuses amitiés, il eût opposé une barrière au nouveau César. L’homme à qui les dieux cédèrent (pour parler comme un Ancien) eût pourtant trouvé un obstacle : le général Hoche et le droit.