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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION

Hoche écrit au Directoire : « Mon armée est forte de quatre-vingt-six mille hommes ; j’en peux porter à l’instant soixante-dix mille sur le Danube, et contraindre l’ennemi à une paix plus avantageuse à la République… »

C’est à ce moment qu’un courrier, arrivé de l’armée d’Italie, apporte les préliminaires de paix signés à Léoben.

Bonaparte venait de renier le principe même de la République, en livrant Venise à l’Autriche. Que voulait-il donc par ce traité ? Sans nul doute arrêter Hoche dans ses succès. Il en était si impatient qu’au lieu d’écrire d’abord au Directoire à Paris qu’il venait de signer la paix, contre toute convenance il écrivit d’abord à Hoche qui entrait à Francfort, afin de l’arrêter et de lui fermer la campagne. Pour excuser cette précipitation inconcevable, il prétend, dans sa lettre aux Directeurs, qu’on l’avait averti seulement du mouvement de Hoche, et non de celui de Moreau : « J’ai cru la campagne perdue ; que nous serions battus les uns après les autres, et j’ai conclu la paix. » (Correspondance, 31 avril, t. Il, p. 12.)

Étrange assertion, injurieuse pour Hoche comme si ce grand nom faisait présager des défaites !


II

Hoche, dans son magnanime patriotisme, fut néanmoins heureux de cette paix qui l’arrêtait au milieu