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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION


V


Malgré cette justice rendue aux vaillantes armées de l’Empire, nous voici bien loin déjà du point de départ.

La France, en 91, apparaissait jeune et pure, comme la vierge de la liberté. Le monde était amoureux d’elle. Du Rhin, des Pays-Bas, des Alpes, des voix, nous l’avons dit, l’invoquaient, suppliantes. Elle n’avait qu’à mettre un pied hors des frontières, elle était reçue à genoux. Elle ne venait pas comme une nation, elle venait comme la justice, comme la raison éternelle, ne demandant rien aux hommes que de réaliser leurs meilleures pensées, que de faire triompher leur droit.

Qui ne vous regrettera, jours sacrés, où la France n’était pas encore entrée dans la violence, ni l’Europe dans la haine et l’envie ! Tout cela allait changer, les peuples allaient tourner contre nous avec les rois. Mais alors, sous l’apparence d’une guerre imminente,