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MAMELI

la révolution comme l’expulsion des Barbares, et demanda tout d’abord l’affranchissement de la Lombardie !

Grand peuple ! belle révolution, qu’il faut donner en exemple à toute la terre C’était celle de la fraternité. Toutes les anciennes haines avaient cessé. Chacun, prenant les armes, stipulait pour ses ennemis. Si longtemps opprimés par Naples, les Siciliens furent pour elle admirables. A Palerme, un blessé dit à son camarade : « Prends ce mouchoir sanglant, va le porter à Naples, et dis-lui que ce sang fut aussi versé pour elle. »

Mais le triomphe de la fraternité italienne fut aux terribles journées de mars, quand Milan, étouffée dans le sang, au milieu des horreurs d’un combat acharné, libre déjà au cœur, captive encore en sa ceinture que tenait le barbare, poussa le cri de détresse à toute l’Italie.

De tous les points du cercle neigeux qui entoure la plaine lombarde, Milan vit de ses tours quelque chose descendre, comme de noirs torrents. C’étaient des hommes. Tous vinrent au pas de course. Les volontaires de la Suisse italienne, emmenant tout Como et toute sa montagne, arrivèrent dans un tourbillon. Des bandes descendaient de la Valteline, d’autres montaient du Pô. Les autorités du Piémont eurent beau faire, les volontaires (Mameli en était) ne les écoutèrent pas. Sauf quatre-vingts qu’on retint, en les arrêtant sur le lac Majeur, tous arrivèrent en armes dans la plaine de Milan.

Mais comment pénétrer ? On entendait du dehors, tout autour, rouler au fond de la cité les bruits de la