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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION

j’oserais dire la probité et l’obéissance, ou plutôt l’obéissance aux lois. Voyez nos bureaux ; ils sont toujours remplis de jeunes hommes de réquisition poudrés et parfumés. Demandez-leur ce qu’ils font là, ils vous riront au nez. Vils sybarites, insolents esclaves de vos vices, ne vous forcera-t-on pas un jour à vous charger du mousquet, et à céder votre place à l’honnête père de famille, à l’indigent dont les enfants meurent de faim ?


Dans la campagne de Vendée, ou tout devait l’irriter de la part de l’ennemi, Moche, obligé de faire des arrestations, écrit au citoyen Morisset, capitaine commandant le camp de Puilley :

« N’oublie jamais, citoyen, que ce sont des Français que tu vas arrêter, et que tu ne dois les traiter en ennemis que lorsqu’ils t’y contraignent par leur rébellion. J’attends que tu mettras dans cette expédition toute l’humanité qui caractérise les républicains. (T. II, p. 99.)

« … Rappelle-toi sans cesse, citoyen, pendant le cours de ton honorable mission, que ta conduite doit être celle d’un patriote éclairé, d’un homme vertueux, d’un officier républicain et français. Tu restes responsable de celle des hommes qui te sont confiés. Habitue-les au feu, à la fatigue, à la victoire ; mais surtout à respecter l’innocent habitant des campagnes opprimé. Habitue les républicains que tu commandes à respecter les propriétés, à être sobres. Que jamais on ne puisse te reprocher un acte arbitraire. (T. H, p. 141.)

« … Il est beau de traiter philosophiquement les habitants des campagnes ; il est bon de les ramener à la République par la voie seule de la raison ; il ne faut pas croire que ce soient ces malheureux qui pillent et égorgent. Il est d’autres hommes qui commettent ces crimes ; ceux-là ne sont pas des paysans, mais bien des brigands. (T. II, p. 109.)


Hoche avait horreur des sanglantes représailles que se permettaient parfois les soldats sur l’ennemi. Après la mort de Boishardy, on lui coupa la tête, et on la promena au bout de la baïonnette. Hoche écrit à l’adjudant général Crublier :

« Je suis indigné de la conduite de ceux qui ont souffert qu’on promenât la tête d’un ennemi vaincu. Pensent-ils, ces êtres féroces, nous rendre témoins des horribles scènes de la Vendée ? Il est malheureux que vous ne vous soyez pas trouvé