Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/142

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» — Zaboï, mon frère, à quoi bon nous montrer ces montagnes ? Jetons-nous d’ici directement, jetons-nous sur le camp royal comme un orage.

» — O Slavoï, mon frère, tu nous donnes de mauvais conseils, si tu veux écraser le serpent, marche-lui sur la tête, et sa tète est là-haut. —

» Ils se jettent dans la forêt à gauche et à droite. Là, le valeureux Zaboï est à la tête des siens ; ici, c’est Slavoï qui guide les autres à travers les broussailles épaisses vers le sommet de la montagne. Cinq soleils passèrent, les guerriers se donnèrent les mains et de leurs yeux de renard cherchèrent les soldats du roi.

» — O Ludiek, ton armée d’infidèles couvrira ces champs comme une seule plaie immense ! ô Ludiek, tu n’es qu’un serviteur parmi les serviteurs du roi ; va dire à ton maître que ses ordres ne sont pour nous que de la fumée. —

» Ludiek s’est ému de colère, il appelle les troupes du roi.

» L’armée du roi répand une vaste, vaste lueur ; car la lumière du soleil rejaillit des armures des guerriers. Ils sont prêts à lever le pied et les mains pour le combat au mot d’ordre de Ludiek.

» Et Zaboï les chargea en face comme la grêle, et Slavoï les battit en flanc comme la grêle.

» — Ah ! frère, voici ceux qui ont brisé nos dieux, qui ont déraciné nos arbres, qui ont chassé nos éperviers sacrés. Les dieux nous donnent la vengeance ! —

» Ludiek marche contre Zaboï. Lorsqu’un chêne