Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/143

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s’abat sur un chêne, toute la forêt le voit : Zaboï court vers Ludiek, s’élevant au-dessus de toute l’armée. Ludiek frappe avec le glaive ; il frappe le bouclier, trois peaux qui le recouvraient sont brisées. Zaboï saisit sa hache, il la lance ; Ludiek saute de côté, il évite le coup et la hache frappe un arbre. L’arbre tombe et couvre le corps de trente guerriers. Ludiek est plein de rage, il crie dans sa fureur :

» — Monstre, reptile ignoble, viens ici pour mesurer nos glaives. —

» Zaboi frappe avec le glaive, une partie du bouclier de Ludiek est coupée. Ludiek frappe avec le glaive, le glaive se plie sur l’armure de Zaboï. Tous les deux s’enflamment davantage ; un coup pour l’un, un coup pour l’autre ; ils se frappent depuis les pieds jusqu’à la tête. Leur sang marque leurs traces. Le sang inonde tous les guerriers, car le carnage commence des deux côtés.

» Le soleil commence à s’incliner et personne ne recule encore. Ici Zaboï qui renverse et la Slavoï qui renverse.

» — Péris, ennemi, toi qui suces notre sang !

» Zaboï saisit de nouveau sa hache ; Ludiek veut l’éviter de nouveau. Zaboï la lève, la tient suspendue un instant, puis la lance sur l’ennemi. La hache frappe, l’armure se brise en deux, et sous l’armure se brise la poitrine de Ludiek. Son âme se trouble, s’envole effrayée, et le corps se renverse à quelques toises en arrière.

» Les ennemis s’enfuient, la terreur les chasse du champ de bataille ; l’épouvante leur arrache des cris.