Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/174

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


bienfaits, mais il était dévoué, avant tout, à la cause du catholicisme.

Chacun des huit livres de ses chroniques commence par une prière. Il aime à noter les bonnes actions, parle rarement des batailles, et finit presque toujours par gémir sur son insuffisance, sur ses faiblesses et ses fautes. Comme il écrivait pour les monastères, il demande en récompense de son travail des prières pour le salut de son âme. Par l’élévation de ses vues, par sa vigueur et par son enthousiasme, il est bien au-dessus de Nestor et de Gallus.

Kosmas de Prague, descendant d’une famille polonaise, établie en Bohême, se rapproche beaucoup plus de Gallus par le ton et par la forme de ses écrits ; mais il n’a pas le même talent historique. Sa narration manque d’ordre et d’unité. Gallus, après un tableau géographique, raconte une bataille, donne quelques détails sur l’état civil et politique du pays, entremêle son histoire de poésies, retrace les délibérations ; puis, forcé de revenir aux combats, il égaie son récit par des descriptions de fêtes, de chasses et de repas. Cependant l’unité de son plan ne disparaît pas au milieu de cette variété excessive. Kosmas, tout au contraire, avec aussi peu de suite et d’ordre que Nestor, mentionne tous les faits comme en passant, sans but déterminé ; il manque d’ailleurs de cet enthousiasme politique qui anime Gallus.

Nous voyons dans ces quatre chroniqueurs des types que reproduiront ensuite les historiens allemands, bohèmes, polonais et russes.

Le chroniqueur allemand est un grand seigneur,