Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/68

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son souvenir semble un symbole historique des incursions des Finnois, qui ont disparu eux-mêmes de cette contrée dans une époque antérieure à toute donnée chronologique.

Au sud de la zone de forêts s’étendent de vastes terres de la plus riche fertilité ; c’est le midi du royaume actuel de la Pologne, la Volhonie, la Podolie et une grande partie de l’Ukraine. La végétation y change peu à peu de nature. Le Chêne commence, le sapin disparaît. Le chêne est ici l’arbre favori de la poésie, de la chanson populaire, comme au Nord le bouleau, l’arbre à l’écorce blanche, aux feuilles délicates, aux fleurs en chaton. Le bouleau, si souvent chanté par les poëtes lituaniens et finois, devient de plus en plus faible et petit à mesure qu’on avance vers les régions septentrionales ; il finit par n’être plus qu’un arbrisseauudans les hautes terres de la race finoise.

Des contrées méridionales, un autre fléau, la sauterelle, se dirigeait aussi vers l’Europe après avoir quitté les plaines de l’Asie et les steppes des Mongols. Il a longtemps ravagé la Pologne et a pénétré souvent jusqu’aux bords de l’Elbe et du Rhin. Cet insecte, autre symbole historique des incursions mongoles, semble par moments avoir disparu du monde ; on n’en entend plus parler durant des siècles ; tout à coup il se lève, il couvre l’horizon et le ciel, il dévore toute végétation. La Pologne est son quartier d’hiver ; de là, en légions rampantes, il s’avance brûlant partout la terre, encombrant les lacs et les rivières, puis, lorsque les ailes lui sont venues,