Page:Milton - Samson agoniste, 1860, trad. Avenel.djvu/71

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LE CHŒUR.

C’est ton fils plutôt qui les tue. Ce bruit ne peut venir du malheurd’un seul ennemi.

MANUÉ.

Ah ! ce doitêtre quelque chose de bien terrible. Que faire ? demeurer ici ou courir là-bas et voir.

LE CHŒUR.

Le mieux est de rester ici, tous ensemble,. de peur que courant là-bas nous ne courrions nous jeter dans la bouche même du danger. C’est sur les Philistins que ce malheur vient de fondre ; de qui pourrait venir ce cri général, que d’ici nous entendons ? sous le coup qui les frappe, que pourraient-ils contre nous, et nous n’avons rien, à craindre d’ailleurs : que dirions-nous si Samson (rien n’est difficile au Dieu d’Israël), recouvrant la vue par un miracle, semait le deuil parmi ses ennemis et se frayait maintenant une route sur leurs cadavres entassés.

MANUÉ.

Rêver un tel bonheur serait trop présomptueux.

LE CHŒUR.

Dieu pourtant accomplit jadis pour son peuple d’aussi incroyables merveilles ; qui donc aujourd’hui peut s’opposer à lui ?