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LA LITTÉRATURE EN JUSTICE


Il existe, de par le naturalisme, un M. Desprez, lequel vient d’être condamné à un mois de prison et mille francs d’amende, pour avoir écrit un livre obscène. Là-dessus, quelques bons esprits s’émeuvent et s’emportent. Ils déclarent que c’est opprimer la pensée humaine que de la traîner ainsi comme une fille sur les bancs de la police correctionnelle et demandent assez généralement que la justice de mon pays veuille bien s’occuper des voleurs, des assassins et des banquiers, mais qu’elle laisse la littérature tranquille. L’éditeur Kistemackers qui a, paraît-il, publié les cochonneries de M. Desprez, profite de l’occasion pour lancer une profession de foi littéraire d’un admirable belgisme et donner, du fond de son petit musée secret de Bruxelles, une leçon à la loi française, leçon sévère, je vous prie de le croire. D’après ce Kiste-