Page:Montaigu - Démêlés du Comte de Montaigu, 1904.djvu/62

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VI

comment jean-jacques apprécie les services rendus par lui-même aux français et son existence à venise


Je le laissai délirer à ses risques, content de lui parler avec franchise, et de remplir aux miens mon devoir auprès de lui.

Il était temps que je fusse une fois ce que le ciel qui m’avait doué d’un heureux naturel, ce que l’éducation que j’avais reçue de la meilleure des femmes, ce que celle que je m’étais donnée à moi-même, m’avait fait être, et je le fus. Livré à moi seul, sans ami, sans conseil, sans expérience, en pays étranger, servant une nation étrangère, au milieu d’une foule de fripons, qui pour leur intérêt et pour écarter le scandale du bon exemple m’excitaient à les imiter. Irréprochable dans un poste assez en vue, je méritais, j’obtins l’estime de la République, celle de tous les ambassadeurs avec qui nous étions en correspondance et l’affection