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COMTE DE MONTAIGU ET DE J.-J. ROUSSEAU

de tous les Français établis à Venise sans en excepter le consul même, que je supplantais à regret dans les fonctions que je savais lui être dues et qui me donnaient plus d’embarras que de plaisir.

Nous avons déjà vu que la philosophie et la vertu de Jean-Jacques se trouvaient à Venise en périlleuse posture. Les éloges qu’il se décerne sont donc évidemment hvperboliques : c’est pour lui une occasion de parler de Mme de Warens. Dans un billet adressé à M. de Chavigny et resté dans les papiers de l’ambassadeur, Rousseau exprime les mêmes sentiments à regard de celle qu’il appelait sa mère [1]. Quant au milieu, au personnel de l’ambassade, il méritait ces qualificatifs ; mais c’était le consul Le Blond qui l’avait choisi, et l’ambassadeur, après avoir enduré trop longtemps les services de cette « canaille », s’en débarrassa.

Les éloges n’ont peut-être existé que dans l’imagination de Rousseau. En effet, les lettres de Gènes (M. de Joinville), de Naples (M. de l’Hôpital), de Constantinople (M. de Castellane), sont conservées dans les archives de la maison de Montaigu pour les années 1743 et suivantes, et il n’y a pas trace de ces témoignages d’estime. En revanche, la correspondance du comte de Montaigu relève des faits

  1. Voir le texte du billet p. 26.