Page:Montesquieu - Lettres persanes II, 1873.djvu/163

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


manuscrites de Montesquieu conservées par son fils et son secrétaire, ce passage est corrigé ainsi :
« Cette peine répond à celle du bannissement, que les tribunaux ont établi pour retrancher les coupables de la société. Ainsi un prince, à l’alliance duquel nous renonçons, est retranché de notre société, et n’est plus un des membres qui la composent.
Les trois derniers alinéas pour lesquels nous suivons la correction du Supplément de 1754, sont ainsi rédigés dans le texte primitif :
« Le droit de conquête n’est point un droit. Une société ne peut être fondée que sur la volonté des associés : si elle est détruite par la conquête, le peuple redevient libre ; il n’y a plus de nouvelle société : et si le vainqueur en veut former, c’est une tyrannie.
« À l’égard des traités de paix, ils ne sont jamais légitimes, lorsqu’ils ordonnent une cession ou dédommagement plus considérable que le dommage causé : autrement, c’est une pure violence, contre laquelle on peut toujours revenir ; à moins que, pour ravoir ce qu’on a perdu, on ne soit obligé de se servir de moyens si violents, qu’il en arrive un mal plus grand que le bien que l’on en doit retirer.
« Voilà, cher Rhédi, ce que j’apelle le droit public ; voilà le droit des gens ou plutôt celui de la raison. »
En tête de la correction indiqué par le Supplément, et qui, sous beaucoup de rapports, est inférieure au texte primitif, se lit cet avertissement : « À la place des trois derniers alinéas, mettez ceux-ci. »
Cependant quelques éditions ont maintenu, et avec raison, à la suite du nouveau texte, la conclusion si ferme : « Voilà cher Rhédi… »

Lettre XCVIII (XCIV de 1721-1754.)

« Écoute ce que je vais te dire… »