Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/103

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son frère. Cet inconnu, qui était venu dans l’île, était celui à qui elle avait à parler. Il lui semblait qu’il fallait me dire tout, m’ouvrir son cœur. Elle le faisait spontanément, naïvement, et elle me parlait comme jamais de sa vie elle n’avait parlé à personne. Et moi, je l’écoutais comme jamais de ma vie je n’avais écouté personne. J’étais suspendu à ses lèvres, je buvais cette voix pure comme un cristal. Il me semblait entendre le son même de son âme. Ce que j’entendais dépassait les paroles, les objets, le réel. C’était le plus profond d’elle-même qui s’exprimait, qui s’exhalait, dans une musique adorable… Je m’étais déjà donné entièrement à elle ; j’étais transporté ; j’étais élevé au-dessus de la terre et de moi-même. Il n’y avait plus de barrières entre nous : nous étions cœur à cœur. Divinement nos âmes se parlaient, et nous volions en plein ciel, dans l’infini ciel bleu sur l’infinie mer bleue…