Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/110

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Schwob, dix ans auparavant. Je le savais maintenant. Cela était clair. Je comprenais tout.

Oui, en remontant plus haut, en considérant toute mon existence antérieure, je la voyais se combiner, se déterminer, en vue de cet amour. Ce n’était point par hasard que je n’étais pas venu plus tôt à Houat, à laquelle je songeais si souvent. Je n’y devais venir que pour Anne, et quand elle serait prête pour moi. Elle grandissait ici solitaire. J’existais là-bas inconnu. À présent, c’était l’heure. L’heure avait sonné de m’approcher du Goabren. Alors, je m’étais mis en route et de loin j’étais venu. Et, maintenant, par une volonté supérieure, s’effectuait la conjonction de nos chemins. Il n’y avait point là de hasard. Cela était écrit. La destinée s’accomplissait.