Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/130

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étonnant encore que ce qu’elle avait rêvé. D’ailleurs le monde, le monde que je lui décrivais était plus extraordinaire que celui des contes. Mais comment moi, moi qui le connaissais, qui y vivais, qui parcourais ce continent peuplé de merveilles, comment pouvais-je me plaire ici, dans cette île primitive ? Et quand je lui disais que je la trouvais jolie, est-ce que j’étais sincère, est-ce que je ne me moquais pas d’elle, moi qui devais avoir rencontré là-bas tant et tant de femmes si instruites et si élégantes, si brillantes et si belles… À côté de pareilles femmes, qu’était-elle ? — Une pauvre petite sauvage.

Elle faisait une légère moue, inquiète, mais moins inquiète maintenant, que coquette, peut-être Alors je prenais sa main droite, je la posais sur mon front, et je disais, à moitié plaisant, à moitié sérieux :

— Je vous appartiens, Anne. Ma Dame, je suis votre chevalier.