Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/131

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J’avais commencé son portrait. Elle était assise sur un rocher, Laouen couchée près d’elle. Mais à chaque instant, elle se dérangeait pour venir voir la toile, sa chèvre la suivait, la pose était interrompue. Alors je faisais ma grosse voix, pour qu’elle retournât à sa place. Elle s’installait, tranquille quelques minutes, pendant lesquelles je la pouvais contempler à mon aise. Passionnément, je détaillais sa beauté : l’ovale de son visage ombré par son chapeau, ses cheveux blonds légers, l’arc parfait des sourcils, son nez aux narines délicates, la forme puérile et tendre de sa bouche, son joli menton. Elle était toute fraîche et rose. Elle respirait la jeunesse, une divine jeunesse.

Mais elle ne pouvait demeurer longtemps immobile. Elle était impatiente de revenir auprès de moi… Elle disait avec vivacité :

— Combien de temps encore ?

— Deux minutes…