Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/156

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Je ne lui donnai naturellement aucun détail sur mes relations avec Anne, mais je lui racontai l’incident d’aujourd’hui, ma conversation avec la petite Francine, qui m’avait décidé à descendre au village. Il m’écoutait avec attention ; il saisissait toute l’importance de cette vicissitude. Il se frotta le menton un instant en réfléchissant, puis il me dit :

— Je crois bien que je connais un endroit qui vous conviendra.

— Où est-ce ? On peut y aller maintenant ? demandai-je vivement.

— Si vous voulez…

Je pris ma casquette et mon bâton, et nous sortîmes. Ce diable d’Yvon connaît l’île comme personne, il a passé son enfance à en fouiller tous les coins et recoins. Je l’avais bien explorée ; je croyais l’avoir vue tout entière. Il m’a cependant mené par des creux que je ne soupçonnais pas. La nuit était