Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/165

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parée de reflets, Anne semblait transparente comme une pierre précieuse. Elle riait de sa frayeur ; elle était maintenant tout à fait rassurée. Nous nous amusions à agiter l’eau des mares qui se remplissait alors de flammes vertes. À ma bien-aimée je décrivais la vie des tritons et des sirènes, et elle m’écoutait avec un sourire enchanté. La voix prenait d’ailleurs sous cette voûte humide une sonorité inconnue. Et pendant que je parlais, nous regardions autour de nous : tout scintillait, tout resplendissait, baigné d’une lumière surnaturelle. Nous nous croyions dans un palais au fond des eaux. Neptune en personne aurait pu nous apparaître, il ne nous eût pas surpris.

Tout le jour, Anne rêvait de sa grotte, elle ne songeait qu’à l’instant où elle s’y retrouverait. Aussi nous y rencontrions-nous chaque matin plus tôt. Je finis par y arriver dès l’aurore.