Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/168

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anse qui avait abrité nos premiers bonheurs. Je ne redoutais plus, à présent, Francine Bihic.

Ce fut comme si nous remontions au soleil après avoir été enfouis dans un puits. C’était un des derniers beaux jours de la saison, on se serait cru encore au cœur de l’été. La mer semblait une soie d’un bleu ancien ; les îles avaient l’air de voguer, posées sur l’eau. Le ciel se confondait avec la mer. Une brume légère régnait, et une torpeur heureuse enveloppait tout.

Un chant d’allégresse s’éleva dans nos âmes, et une soif ardente de vivre nous envahit.

Je pris Anne dans mes bras avec emportement. Je la serrai contre moi. Elle frémissait ; elle me donnait sa bouche avec passion. Son parfum me grisait. Comme la nuit où j’avais eu peur de moi, j’éprouvais une fièvre intense, une folie m’entraînait.

Cependant je me contins.

Nous nous assîmes.