Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/175

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continuer sur la terre : la nature l’ordonnait.

Si j’enlaçais Anne, il fallait que je m’unisse à elle : tel était le complément, la perfection de l’amour, et ce que réclamaient impérieusement toute ma vie et la sienne. Elle vibrait contre moi, je frémissais contre elle. Aucune force qui ne nous poussât à nous unir : notre jeunesse nous précipitait irrésistiblement dans les bras l’un de l’autre. Elle était mon épouse et j’étais son époux. Dieu le voulait…

Je voyais clairement cela… Je voyais encore que l’été donnait des signes d’agonie, que la possibilité de l’idylle sous le grand dais du ciel, dans l’éblouissement de la lumière, au bord de la mer radieuse, allait s’évanouir.

Je voyais aussi — Francine Bihic m’y avait fait songer — que notre accord ne pourrait pas toujours demeurer inconnu, insoupçonné. On saurait. On rattacherait notre grand rêve à de petites choses, à des médiocres pensées,…