Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/208

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


extraordinaire… Cela signifiait que j’allais enlever Mlle de Kéras… Alors cette jeune fille allait s’enfuir comme cela !… Par exemple !… Il était bouleversé. Il y avait là quelque chose qui le heurtait, quelque chose à quoi il n’aurait jamais pensé. Enlever une jeune fille ! Cela bousculait toutes ses idées, son respect naturel de l’ordre, de la règle, de la propriété, de la société.

Il hochait gravement la tête, évitant de me regarder. Et il se demandait pourquoi je lui avais dit cela : je n’avais pas besoin de son avis pour agir à ma guise…

Contraint, il fumait en silence. Il n’osait point parler. Il ne se serait pas permis de dire que j’avais tort, de me désapprouver. Il était triste d’avoir à me donner tort au dedans de lui-même.

Je devinais tout ce qui se passait dans sa tête. Je le regardais doucement. J’avais lâché le principal, le plus dur ; j’étais tranquille.