Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/21

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Toussaint Leblanc avait étendu le bras : j’avais vu, au-dessus de l’eau laiteuse, là-bas, une tache noire. Houat ! La tache, d’abord un point, s’était élargie, petit à petit. Elle était devenue une masse obscure, puis, en approchant encore, une agglomération de rochers, précédée de récifs semés de-ci de-là, en éclaireurs. Notre pilote, penché sur son banc, regardait maintenant en avant avec attention. On longeait l’île, on passait entre des écueils. À la clarté de la lune, on avançait ainsi, dans un grand silence troublé seulement par le bruit léger des vagues sur les brisants et la plainte de l’eau refoulée. Cette terre sans maisons et sans feux me semblait mystérieuse et inhospitalière. Je la considérais avec un petit frisson. Je sentais un regret d’y aborder, et de voir consommé ce charmant voyage vers