Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/25

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y avait trois lits bretons semblables à des armoires, qui paraissaient très pleins. Dans l’un, on dormait, on ne s’était point éveillé, la respiration régulière continuait ; dans un autre on se retournait en grognant. Du troisième une voix s’éleva, une voix de femme, et je compris que c’était la mère qui parlait. Elle s’inquiétait de cet étranger qui était là.

— « Il couchera dans le grenier, c’te nuit… Pas, l’ami ?… » fit Toussaint Leblanc.

Je répondis qu’oui, naturellement…

Nous étions autour d’une table ronde, au centre de la pièce, sous la lampe. Je voulus sortir mes provisions. Toussaint s’y opposa. Il avait encore du pain et du fromage. Nous mangeâmes paisiblement, tandis que la mère se rendormait.

— Au fait, je ne vous l’ai pas dit, c’est mon gendre, le gars, là… fit soudainement le brave Toussaint en désignant son matelot,