Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/26

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lequel hocha la tête et me sourit, de même qu’à mon embarquement.

Là-dessus, Toussaint ajouta :

— Allons, j’m’en vas vous montrer vot’lit… Ah ! vous allez dormir sur la paille, pauvre homme !

Par un étroit escalier, nous gagnons le grenier ; la lumière de la lune s’y jetait par une lucarne. Toussaint me touche la main et disparaît.

Je m’allongeai, mais je ne m’endormis pas tout de suite. J’entendais la voix monotone de la mer très proche, les vagues qui se brisaient doucement sur le rivage… Ce voyage, cette arrivée, — et puis j’étais à Houat… À Houat !… Je me tournais et je me retournais sur ma couche craquante. Une sèche odeur me montait à la gorge et à la tête. Et un petit bruit incessant vrillait le silence du grenier : des insectes, sans doute, qui, tout près de moi, paraissaient remonter infati-