Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/69

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à pierre. Ils en emportent ce qu’ils peuvent. Le pont de bois a disparu, les escaliers sont partis, tout s’en va.

Ces pauvres gens sont autour de moi, bonnes gens, l’air un peu ivrogne, c’est vrai. Nous allons à une cantine. On boit, on boit à la bouteille, sans façons. Là encore ce n’est pas comme à Houat. C’est sale. Des coquilles de crabes, des arêtes et des têtes de poissons traînent par terre, il y a des mouches. Justement, dans la société avec laquelle je suis attablé, se trouvent le maire et l’adjoint. Ils se plaignent de l’abandon où on les laisse. Ils voient que j’ai un petit Kodak. Ils regrettent que, personne, jamais, ne les photographie. Il n’y a pas de cartes postales d’Hoedic… Eh bien, je vais faire leur portrait ! Les voilà enchantés. Ils sortent, ils se groupent, l’un d’eux va chercher son gosse, deux ou trois prennent à la main une bouteille, un verre. J’enverrai la photo au maire.