Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/74

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paille avec des rubans qui flottaient. Je n’ai pas du tout distingué son visage, elle était trop loin. Je ne pense pas qu’elle m’ait vu. Ce doit être la fille du comte.

Je suis resté là longtemps encore. Sans doute que j’escomptais une nouvelle apparition. Mais ce fut tout. Le petit fort a repris son aspect abandonné. Pourtant il n’était plus pareil à mes yeux. Je savais qu’à l’intérieur respirait cette grande jeune fille, que ses salles basses et sombres étaient éclairées par une robe blanche.

Je me suis éloigné. Je suis allé à la plage que j’avais découverte le lendemain de mon arrivée, cette plage de sable vierge entourée de rochers sur lesquels j’avais cueilli des moules… Je me suis dévêtu, et je me suis baigné : l’eau était délicieuse ; après ce soleil brûlant, la fraîcheur du bain était voluptueuse. J’en suis sorti cependant, et me suis allongé sur la grève. Comme l’autre jour, j’ai