Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/81

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


J’ai opéré mon déménagement avec Yvon. Ce n’était pas bien considérable. J’étais chargé de mon attirail de peintre et de ma musette à provisions, et lui il portait mes sacs. Pas très loin, mais c’est égal, nous avions chaud. Et j’ai beaucoup regretté de n’avoir pas pris une bouteille de cidre. Nous aurions volontiers fait une libation en l’honneur des dieux lares de mon nouveau logis, afin de me les rendre favorables.

Donc, je suis dans la salle d’école des petits gars d’Houat, laquelle sert en même temps d’appartement à leur instituteur. C’est vaste. De grandes fenêtres grillées ouvrent sur le fossé du fort ; mais la lumière ne va pas jusqu’au fond de la salle où règne un apaisant demi-jour. Il fait une fraîcheur délicieuse. Le mobilier est tout à fait simple ; dans un angle sont rangés les tables et les pupitres des enfants avec le tableau noir ; au mur une grande carte de France : les cours d’eau, et un pla-