Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/88

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IX


Je travaillais. C’était le matin. Le ciel était encore doux et pâle ; l’eau était d’une couleur délicate comme un duvet d’oiseau. Je la contemplais avec extase, et j’essayais d’en rendre l’éclat et la finesse. J’étais absorbé, j’étais saisi par mon démon, et rien n’existait plus pour mon esprit, ni pour mes sens. Cependant je perçus derrière moi un bruit léger et je me retournai machinalement… Alors je crus que j’étais devenu subitement fou, ou bien que je rêvais tout éveillé ; je me frottai les yeux. Mon cœur se mit à battre démesurément, mes mains tremblèrent. Sur un rocher, dressée,