Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/99

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chapeau pareil au sien, et à laquelle j’avais tant songé quand j’étais un petit garçon.

Elle m’écoutait avec un air de plaisir qui me ravissait. Mais quand je lui dis qu’à côté de la Fleur-des-Bois elle était, elle, la Fleur-de-l’Île, elle remarqua qu’elle n’avait jamais vu de bois. Et elle me confia qu’elle était venue à Houat toute petite, et qu’elle n’en était plus jamais sortie.

En l’entendant, je fus profondément touché. Voilà donc pourquoi, hier, en me voyant peindre, elle ne comprenait pas ce que je faisais… Cette jeune existence s’était toute écoulée entre les limites de cette petite terre. Ah ! quelle âme neuve, que de choses à lui découvrir, et en elle quelle mine vierge de sensations, d’émotions, de vie !… Tout apprendre à ce cœur et lui dévoiler le monde !… Mais, cependant, comme elle était pleine d’élégance native, et combien à cette spontanéité, à ce naturel d’exquise sauvageonne se