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SOUVENIRS

dangereux, car la loi interdisait toute propagande de nature à provoquer l’émigration des Français vers l’étranger. Je me rappelle un article virulent paru dans un journal de Toulouse où l’on dénonçait nos agissements et où l’on demandait notre expulsion du territoire national. Heureusement, les choses se tassèrent et je n’eus pas à subir de représailles.

Nos chefs de service en France procédaient d’ailleurs avec une extrême prudence. Ils acceptaient les invitations qu’on leur faisait de déléguer en province, ou à Paris même, un conférencier canadien ; mais il était bien entendu que ce dernier ne soufflait mot de l’émigration, qu’il restait dans les généralités sur le rôle du groupe français d’Amérique, ses caractères et sa participation au progrès du pays.

Ces voyages étaient pour moi une occasion de m’évader, de connaître un peu de la province française.

Je partis d’abord pour le nord de la France. Mon premier contact fut assez amusant.