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SOUVENIRS

Royal, j’admire le décor accueillant de ces très vieux collèges qui abritent sous le lierre les traditions où se renouvellent dans l’abondance et la fraternité, les sources de la ténacité britannique.

J’étais ravi de visiter l’Écosse, si peu de temps que ce fût, car j’avais toujours rêvé de ce pays qui me paraissait une sorte de diminutif du nôtre, avec ses rebords montagneux, ses lacs et sa plaine centrale, et où s’étaient poursuivies des luttes pour l’indépendance et le respect des caractères ethniques d’une population résolue.

Malheureusement, je n’en connaîtrais pas grand-chose. J’eusse aimé parcourir sa campagne, apercevoir au moins ces foyers où l’Écossais enferme sa vie laborieuse et frugale. J’aurais voulu voir les lochs et la Vallée des Trossachs dont on nous disait merveille et où, si je ne me trompe, Walter Scott a placé les romanesques amours de la Dame du Lac.

Dès le matin, nous nous installions dans un autocar. Un incident banal — arrêt forcé en cours de route, je ne sais plus — nous fit manquer de quelques minutes la correspondance avec le bateau. Je garde le regret d’une vision perdue.

Il ne restait qu’à nous replier sur les villes : Édimbourg et Glasgow. Édimbourg, la « ville de l’esprit », comme on l’a appelée : Glasgow, bourdonnant, ouvert sur le monde, où je salue discrètement dans l’ambiance de la vieille Université les ombres d’Adam Smith et de James Watt.

Au dîner, qui a lieu dans une vaste salle du Old College, ont pris place à la table d’honneur, autour du duc d’Athol, nombre d’Écossais, plutôt jeunes, venus à Édimbourg de tout l’Empire. Le regard décidé de ces hommes me livrait l’Écosse enchanteresse dont l’image, quand on l’a surprise,