Page:Moreno - Reconnaissance de la région andine, 1897.djvu/22

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Les résultats obtenus durant ces reconnaissances de Lange, Wolff et Hauthal confirmèrent mes espérances. Le département de San Rafaël préoccupe déjà les hommes entreprenants : bientôt il sera traversé par des chemins de fer, et formera dans peu de temps un des centres les plus actifs de production et de bien-être de l’intérieur de la République. Les quelques jours que j’y ai passés en courtes excursions, tout en préparant un voyage, me furent très agréables ; j’ai observé personnellement les sources de richesses qui s’exploitent déjà et celles qui bientôt s’exploiteront. L’énorme cours du fleuve Diamante et de l’Atuel avec ses affluents peut arroser des centaines de milles d’hectares et la composition de ces terres permet d’espérer une compensation croissante à ceux qui leur livrent énergie et confiance.

Entre la ville de San Rafaël, située sur la rive gauche du Diamante et la Cañada Colorada (latitude sud 35° 27′ 50″) se trouve la pittoresque Sierra Pintada, reste d’une des plus vielles chaînes de la République, et pour cela même plus brisée, sans grandes élévations, composée de porphyres, de grès, de schistes, de quartz, traversée par des veines de roches volcaniques, et dans lesquelles la tradition place de riches dépôts de métaux précieux ; son sol, en plus d’un point, est semé de morceaux de marbre onix, vert, rougeâtre et bleuâtre. Sans doute, dans cette chaîne aujourd’hui délaissée, se développeront des industries productives dès que les rails y arriveront. En passant cette chaîne et ses dernières collines pâtureuses, on trouve un vaste plateau ondulé : Au couchant les montagnes qui précèdent la haute Cordillère neigeuse par où descendent l’Atuel et son affluent sud-ouest ; le Salado au sud ; au loin la Sierra Loncoche et entre celle-ci et l’Atuel la Laguna Llancanelo, reste d’un ancien et vaste lac, dominée à l’orient par la haute Sierra du Nevado, en grande partie inexplorée ; parmi les montagnes que couronne le Nevado (3810 m.), de fabuleuse et problématique richesse, au nord-ouest, derrière les versants, le pic volcanique du Diamante (2300 m.). La montagne ainsi contemplée de l’est depuis l’Atuel dans le voisinage de la confluence du Salado, les chaînes Pintada et Nevado apparaissent comme des fragments d’une longue chaîne ancienne, indépendante des chaînes montagneuses de l’occident. Il ne serait pas étrange que ces chaînes appartinssent au même système que domine la ville de Mendoza.

La large vallée longitudinale, aujourd’hui couverte de cailloux roulés et de petites lagunes salées, à l’exception des voisinages des fleuves et des bas-fonds du nord, et qui se